Imaginez-vous en pleines vendanges. Vous vérifiez bien que vos raisins à cueillir sont mûrs deux ou trois jours avant d'amener votre équipe dans la vigne. Thiébault Huber, un vigneron dynamique de Volnay dont j'aime énormément les vins, a bien fait comme vous. Un samedi midi de mi-septembre 2010, il grimpe dans sa vigne de Pommard pour constater que tout va bien. Lundi 9 h00 : il arrive avec ses vendangeurs et là, c'est comme si on lui avait arraché le coeur! Plus de raisins! Partis! envolés! Deux ouvrées entièrement vendangées par quelqu'un d'autre... Mais qui? Nous sommes désormais au mois de février, et Thiébault n'a toujours pas la réponse. "Je ne suis pas assuré contre le vol. Donc, il se peut que je ne retrouve jamais mes billes. On m'a volé l'équivalent d'une pièce de vin, c'est-à-dire environ 300 bouteilles". L'affaire est rare en Bourgogne alors qu'elle pourrait être plus courante vu la configuration des vignes. En effet, un même lieu-dit peut être partagé entre plusieurs vignerons. Il faut donc bien connaître le nombre de rangs que l'on possède pour ne pas empiéter chez le voisin. "Or, de plus en plus de personnes achètent des vignes et les font exploiter par d'autres, des prestataires de service, qui ne sont pas forcément consciencieux". En tout cas, notre ami en fait les frais, bien qu'on lui souhaite que l'enquête aboutisse enfin. Le plus dur finalement, c'est que personne n'a osé reconnaître son erreur. En espérant qu'il s'agisse bien d'une erreur.

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